Après presque 4 mois de voyage on change de continent direction la Nouvelle Zélande, on a assez hâte parce que nos 3 mots d’espagnol ne nous permettaient pas vraiment de discuter avec les gens alors que là l’anglais on maîtrise déjà vachement mieux. Enfin l’anglais on maîtrise, oui, mais le Neo Zélandais c’est une autre paire de manche. Mais revenons à notre trans-pacifique… figurez vous que pendant notre Santiago > Auckland on traverse la ligne de changement de date. En partant le 21 juin au soir on atterrit donc le 23 au matin en seulement 12h de vol. Hélène n’a pas encore bien assimilé le procédé… le 24 elle a fait durer son anniversaire au moins 30 heures…

[Toutes les photos]

 

Notre itinéraire à travers l’ile du nord a été le suivant: Auckland – Wellington – Tongariro – Taranaki – Wellington – Napier – Rotorua – Matai bay – Cape Reinga – Waipu – Auckland

AUCKLAND

Accueillis à Auckland à 4h du matin, d’abord par un nain de la Terre du Milieu puis par Thomas, un amis de Lycée de Corentin on part finir notre nuit sur son canapé.

Les trois semaines où nous serons en Nouvelle Zélande correspondent à la venue des Lions britanniques et irlandais pour affronter les All Blacks lors d’une tournée dans le pays. Premier match avec Thomas et ses collègues dans un bar d’Auckland, victoire des Blacks, ça tombe bien Corentin a étrenné son nouveau maillot, et de toute façon on n’allait surement pas supporter des anglais.

Le week-end on découvre les collines volcaniques d’Auckland et les plages de la région, découverte également du bush, végétation forestière Néo Zélandaise composée de grandes fougères centenaires et de Kaoris, arbres immenses, sacrés et menacés.

La meilleure façon de visiter la Nouvelle Zélande, tous les forums vous le diront, c’est de louer un van. Ni une, ni deux après quelques comparaisons on part pour le moins cher: un monospace hippie post 68 à l’effigie des Beatles aménagé d’un lit et d’un évier, le grand luxe donc. C’est parti! On s’envole pour Wellington au sud de l’ile, enfin on s’envole… La route principale ressemblant à une route de campagne à 90 chez nous, on se dirige doucement vers la capitale. En 9h de route répartis sur 2 jours, pour 500 km, on revoit nos plans pour les jours à venir. 

 

WELLINGTON

Si on commence à Wellington c’est pour se débarrasser de nos visas pour la Chine. On dépose les papiers, il en manque, on court à la bibliothèque, on imprime, et on re dépose les dossiers 2 min avant la fermeture de l’ambassade. Fiou! Enfin débarrassés on part au Tongariro à la découverte du Mordor et de la montagne du destin.

 

TONGARIRO ET TARANAKI

Thomas nous avait dit: « il y a une marche de 2 h vers un lac, la montagne se reflète dedans c’est super beau! », pas besoin de plus pour être convaincus.

Arrivés au parking on repère le lac sur la carte, il est midi on sera rentrés à 16h, il fait grand beau, c’est parfait. Que Nenni ! C’est sans compter sur les informations douteuses fournies par l’application de localisation qu’on utilise. C’est au premier embranchement qu’on fait le choix, judicieux bien sûr, d’emprunter le chemin le plus abrupte : il traverse un ruisseau et monte assez raide mais pas longtemps pour rejoindre la crête. Bon là déjà on aurait du flairer l’embrouille, il n’y a pas vraiment de chemin, et pas de balisage du tout, mais une ligne de crête ça se suit facilement et puis honnêtement : la flemme de retourner en arrière, en plus on a croisé des randonneurs qui arrivaient de là. On continue vaillamment, après les 6000 Boliviens c’est pas un petit volcan Néo Zélandais qui va nous effrayer. Après 1h de marche, on aperçoit le sommet du Tongariro, problème : c’est pas vraiment là qu’on se dirigeait, il n’y a toujours pas de chemin (à part sur notre appli bien sur…). Bon qu’à cela ne tienne, attaquons nous au Tongariro ! On commence l’ascension, le sol n’est pas super praticable, sableux, neigeux, caillouteux : on glisse un peu mais pas assez pour dévaler la pente dans l’autre sens. Après 2h30 d’errements, sans voir un seul lac, on arrive au sommet du volcan à moitié verglacé, sauf qu’il est 15h, c’est l’hiver le soleil se couche dans 2h donc on a tout juste le temps de redescendre à la voiture. Pas de problème ! On va couper (vous la sentez la bonne idée ?) et rejoindre le chemin balisé qu’on voit depuis le début sur l’autre pente de la montagne ! Oui, oui ! Facile ! Bon on vous passe les détails du stress montant d’Hélène qui s’imaginait déjà devoir dormir au pied d’un rocher façon Sam et Frodo dans le Seigneur des Anneaux et qui regrettait de ne pas avoir emporté une couverture de survie et une fusée de détresse, mais aussi du calme olympien de Corentin qui a acquis quelques réflexes de survie quand les gênes Forman s’expriment un peu trop. On a commencé à glisser-descendre au pif dans les graviers et la neige, on a du contourner quelques failles et précipices en se raccrochant aux rares «  traces de chaussures  » dans les cailloux qui semblaient indiquer soit un vrai chemin, soit l’approche imminente d’une momie de touriste avisé. Finalement on rejoint le chemin à 17h juste à temps pour revenir les jambes tremblantes à la voiture sans même allumer les frontales (qu’on n’avait pas au passage…). Journée forte en émotions mais finalement magnifique, on apprendra/comprendra plus tard que le lac que nous cherchions n’était pas exactement au Tongariro mais au Taranaki, un autre montagne à une bonne centaine de kilomètres de là. En même temps Tongariro, Taranaki… Bon hein, voilà !

Taranaki justement ! Et Bien pas de Taranaki ! Si on l’apercevait très bien à l’horizon depuis notre ascension volcanique, 24h ont suffit pour que le brouillard s’installe confortablement et durablement dans la région du Taranaki, pas de balade mais du repos : on repère Waverley une petite ville côtière qui a le mérite de posséder une bibliothèque avec free wifi et un camping gratuit pour notre van. On se gare derrière la bibli fermée et on commence à geeker. Au bout de 2-3h Hélène allume une lampe du van : faible lumière : «  -Corentin démarre le van stp.  -Pourquoi ? – Non comme ça démarre le van pour voir… » Vous l’attendiez : pas de démarrage, on a oublié les phares et cramé la batterie, mais de jour on n’a rien vu (Corentin se défendra comme il peut en expliquant à tord et à cris que les Néo zélandais allument les phares la journée mais bon le mal est fait) Heureusement pour nous Waverly, 12 habitants, 2000 vaches, possède une station service et surtout de charmants habitants, accros au loto certes, mais prêts à vous aider s’ils le peuvent. On «  Jump-startera  » le van en rien de temps et on partira faire quelques tours des 6 pâtés de maisons pour recharger la batterie. Soulagement. Ce soir c’est soir de match, 2e rencontre entre les Blacks et les Lions, on se pose dans l’unique bar-restaurant-PMU-Salle de jeu, et on attend le début de la rencontre. On engage la conversation avec Daniel et Andrew, deux fermiers qui prennent une bière après leur journée passée à la chasse (on invente pas, c’est pas un cliché), ils nous proposent de venir voir le match chez eux, ce que nous acceptons avec plaisir tant le bar est accueillant. Une soirée locale donc, malgré une conversation un peu entravée par l’accent à couper au couteau de nos charmants hôtes, et la défaite des All Blacks.

 

WELLINGTON

Retour à Wellington pour récupérer les visas Chinois, c’est bon, on pourra atterrir à Pékin sans encombres en août. Au passage on en profite pour visiter le studio d’effets spéciaux Weta Workshop lancés par le seigneur des anneaux, ils sont aujourd’hui impliqués dans de nombreux films à gros budget. Visite super intéressante sur la diversité des techniques utilisées tant matérielles que digitales, ici on forge, on sculpte, on peint ou on modélise sur ordinateur, tout est bon pour obtenir l’effet désiré à l’écran, cette ambiance d’atelier multi disciplinaire donne des envies de reconversion à certaines et les costumes et accessoires des films nous font retomber quelques années en arrière. Après un tour par le jardin botanique qui offre une super vue sur Wellington, on reprend la route.

 

WELLINGTON-NAPIER-ROTORUA

On remonte maintenant doucement vers le nord ayant exploré l’ouest, on part vers l’est, à Napier, que le guide vend assez bien. Echec. La ville « art déco » a peu si ce n’est aucun intérêt, on dirait que les immeubles sont en carton pâte à la Disneyland. En plus le temps n’est pas dingue on en profite donc pour se caler dans la bibliothèque municipale pour avancer le blog, le tri des photos et dessiner un peu.

Prochaine étape Rotorua (essayez de le prononcer en anglais vous allez voir c’est pas simple). Rotorua est située dans la vallée volcanique, les maoris s’y étaient installés pour les sources chaudes présentes à cet endroit qui permettaient de cuisiner et de se laver. Concrètement on sait vite qu’on arrive à Rotorua parce que ça pue l’œuf pourri dans toute la région, et qu’on se met à soupçonner fortement l’autre d’être responsable de l’odeur qui imprègne le van. L’odeur de souffre qui est partout donne un peu la nausée. On se trouve un camping sympa au bord d’un lac et on reste plusieurs jours, le temps de faire quelques marches: la rainbow mountain qui donne une belle vue sur la région mais dont les couleurs multiples sont masquées sous la végétation, le parc volcanique de Wai O Tapu manifestation multiple des chambres volcaniques: ici les lacs sont verts fluo ou orange et la boue fait des bulles, ça fume de partout et devinez quoi: ça sent le souffre x10000. Le soir on se trouve un petit bar sympa pour regarder le dernier match All Blacks-Lions qui finit sur une égalité parfaite (15-15) un peu frustrante. 

 

CAPE REINGA

Il nous reste 4 jours avant de rendre le van et on choisit le cap nord de l’ile pour finir ce road trip en beauté. Grand bien nous a pris, une fois de plus chaque jour nous a réservé sa surprise: première nuit à Maitai bay une anse magnifique très réputée, où on a bien apprécié notre réveil face à la mer.

Deuxième jour on gravit les dunes de sable de Te Paki dignes du Sahara (honnêtement la dune du Pila c’est de la gnognote a côté) mis à part le vent à décorner les bœufs la vue au sommet était magnifique. Imaginez la mer d’un côté, le bush de l’autre et le Sahara au milieu… assez improbable. On finit la journée au cap Reinga le point le plus septentrional de Nouvelle Zélande qui réserve également de très beau points de vue sur la côte et on finit en beauté en dormant une fois de plus au bord d’une magnifique plage avec un coucher de soleil carte postalien. 

Jour suivant direction la forêt Waipoua qui abrite les plus anciens et plus gros Kaoris du pays, rien que la marche dans le bush est agréable mais les arbres géants en imposent et donnent une dimension mystique à la forêt. Le soir on dort dans un camping pas cher et pas trop loin qui est bien équipé et comporte notamment une cuisine extérieure couverte. Ravis de ne pas cuisiner sur notre réchaud on s’installe et on commence à manger en regardant un film. Tout se passe bien quand, au bout d’une petite heure c’est le drame. Attiré par l’odeur de nos pâtes au fromage (genre de babybel râpé), un opossum fait sont entrée dans la cuisine. On nous avait prévenu que les opossum en NZ sont de la vermine, la légende urbaine veut qu’on ne devient un vrai Kiwi que quand on a tué un opossum. Ni une, ni deux, Corentin chaud comme la braise à l’idée de peut-être obtenir une nouvelle nationalité attrape le balais tout proche et tente de chasser l’opossum terrorisé. Deux problèmes se posent alors: 

1: les murs de la cuisine sont composés de deux demi cercles imbriqués de rayon différents les accès se font entre ces deux demi cercles.

2: L’opossum est le mammifère ayant le plus petit rapport poids/taille du cerveau, donc sa technique de défense c’est de ne pas bouger en pensant qu’on ne le voit plus. Un génie.

Imaginez donc l’opossum sur une poutre du toit, Corentin approche le balais, la bestiole ne bouge pas tant que le balais ne l’a pas touchée. Corentin pousse donc l’opossum avec le balais celui ci comprenant (enfin) le danger part en courant. Il court en rond dans la cuisine et ne trouvant pas la sortie, il remonte sur le poteau du toit… au même endroit… et ne bouge plus.

Après deux trois tours de ce manège la stupidité du marsupial a eu raison de nous et on a finit le film dans le van.

Dernier jour de voyage, il fait assez moche, ça tombe bien on va aux Waipu Caves, des grottes habitées de vers luisants. Il a beaucoup plu les jours précédents et l’accès au fond de la grotte n’est pas simple mais nos efforts sont récompensés quand on éteint nos frontales et que le plafond s’illumine. 

 

De retour à Auckland on profite de notre dernière soirée avec Thomas et ses colocs pour mettre en pratique la recette d’empanadas qu’on nous avait donné à Valparaiso, et pour une première c’est plutôt une réussite. On passe une très bonne soirée en excellente compagnie.