On fait escale à Pékin pour des raisons principalement administratives : c’est la seule ville sur notre trajet qui possède une ambassade mongole. Le visa prend 4 jours ce qui est parfait pour visiter la capitale.

Premier jour, ambassade Mongole donc. La cité interdite étant fermée le lundi, on se contente de marcher dans la ville, pour en découvrir les quartiers. Comme on se l’imagine, la ville est immense et composée de gigantesques avenues bordées d’arbres, on passe de quartiers de tours aux quartiers traditionnels : les hutongs, la modernité côtoie l’histoire. Pour l’instant, on n’est confrontés ni à l’excès de pollution ni à la surpopulation, tout va bien.

Deuxième jour. Après un réveil un peu tardif, on se pointe comme des fleurs à la cité interdite. On commence par la place Tien An Men sur laquelle donne la cité, et là déjà les désagréments commencent. Il faut savoir que les chinois sont particulièrement paranoïaques, donc dans chaque gare, à chaque arrêt de métro et à l’entrée de chaque monument, on passe (au moins) un portique détecteur de métaux et les sacs aux rayons X. Arrivés à l’entrée du souterrain qui mène à la place, vers midi, sous le cagnard et en plein pendant les vacances locales, il nous faut faire la queue. Le challenge est de ne pas se faire doubler par les centaines de chinois dont le savoir vivre semble être bien chinois lui aussi. Bref, on se selfise sur la fameuse place, sous l’œil attentif des militaires qui en assurent la sécurité et de la petite centaine de caméras de surveillance réparties sur la place, avant de se diriger vers la cité. Rebelote : souterrain, portique de sécurité, sortie devant la cité, re-portique de sécurité, selfie devant le portrait de Mao et on arrive tant bien que mal devant la billetterie… fermée. Ô rage ô désespoir, les 80 000 places quotidiennes ont été vendues depuis longtemps… sachant que plus de la moitié des places partent sur internet en avance sur un site chinois où seuls les chinois peuvent payer, on s’en va la mort dans l’âme, prévoyant de revenir le surlendemain à l’ouverture. A la place, on part visiter les environs : la colline située derrière la cité offre un panorama certes brumeux mais néanmoins impressionnant sur toute la ville, on parcourt ensuite les hutongs avant de finir la journée au Temple du Ciel, qui est vraiment très beau.

Troisième jour, direction la grande muraille. On s’est bien renseignés pour ne pas se faire arnaquer : on va prendre un bus public qui nous dépose non loin et on finira en taxi officiel. Sauf que, sûrement habitués des touristes avisés comme nous, les chauffeurs de bus sont maintenant de mèche avec les taxis non officiels. On se fait donc quasiment jeter du bus à un arrêt qui n’était pas du tout celui qu’on avait repéré et bien loin de là où passent les taxis officiels. Légèrement excédés on engueule le rabatteur qui nous a forcés à sortir du bus et on négocie avec lui le tarif qui aurait été celui du taxi depuis l’arrêt qu’on avait prévu. Heureusement, on connaissait le prix normal, on n’a donc rien lâché jusqu’à ce qu’il accepte. Arrivés à la muraille, on découvre ce que vont être toutes les visites en Chine : un simili «  Disneyland  ». Comprendre par là que tout est pavé et balisé : on passe par là, on prend la photo ici, surtout, surtout on ne marche pas trop, on pourrait se fatiguer. Pour réduire la facture on décide de monter à pied, ce qui permet aussi d’éviter les foules qui prennent le télésiège (oui oui, le télésiège). Sur la portion de muraille rénovée, il n’est pas facile de faire une jolie photo sans personne dessus, mais en marchant un peu on arrive à s’éloigner et à profiter. La muraille est moins impressionnante que ce qu’on s’imaginait, mais la voir serpenter à perte de vue est quand même unique. On s’est trouvé un petit coin au calme pour profiter, puis on est redescendu sous un énorme orage.

De peur de ne pas pouvoir visiter la cité interdite, on avait réussi à négocier avec notre auberge qu’ils prennent pour nous les places sur internet. Ça a l’air bête comme ça, mais ils n’étaient pas super chauds pour le faire, donc on était content que ça marche.  On se pointe donc une nouvelle fois à la cité impériale, impatients de pouvoir enfin la visiter. On vous passe les contrôles de sécurité. Comme on le disait plus tôt, il y a 80 000 places vendues chaque jour, on ne se rendait pas bien compte, mais ça fait vachement de monde, et aussi grande soit la cité, on en a un peu souffert. Les enfilades de cours, les escaliers monumentaux, l’architecture traditionnelle, tout est vraiment magnifique, mais le spectacle est gâché par la foule qui transforme la déambulation en un parcours du combattant. Ça valait néanmoins le déplacement et on est content de l’avoir vue.  Après cette visite éprouvante, direction l’ambassade mongole pour récupérer nos visas. On arrive pile à l’heure et on récupère les précieux sésames. On part alors faire du repérage pour notre bus en direction de la Mongolie. On le savait un peu, mais on ne pourra pas partir le soir même comme on l’espérait, il nous faudra revenir le lendemain à 8h pour attraper des billets de bus.

8h. On est à la gare, on fait la queue, on engueule la dame qui essaye de nous doubler l’air de rien devant le guichet,  et on demande nos billets pour la frontière. Ok, deux billets, on n’a pas assez de cash. Corentin part donc chercher de l’argent et quand il revient, plus de billet : on nous dit que pour notre destination il faut aller à un autre comptoir… . On se dirige vers l’autre comptoir où l’on nous explique que tous les billets sont vendus. Il est 8h15, la gare est vide, Hélène s’énerve (un touuuut petit peu…), s’énerver par Google traduction c’est pas hyper pratique, on nous explique que les gens sont des habitués et qu’il réservent par téléphone auprès du chauffeur directement. On finit par faire comprendre notre désespoir et on nous dit de revenir à 16h : un autre bus devrait être affrêté, promis promis on nous garde des places. On revient à 15h30, on s’assure que la personne a bien appelé le chauffeur et que nos places sont réservées, et on attend le bus. A 19h, le bus arrive enfin, on nous emmène sur un espèce de terrain vague, on déjoue une fois de plus une arnaque avec le chauffeur qui veut nous faire payer 2 fois le prix, et on embarque. On n’est pas les seuls touristes, à l’embarquement on rencontre Benjamin et Salomé, deux français qui vont comme nous à Oulaanbaator. 20h30 : on part enfin, soulagés.